Le gouvernement chilien applique une économie sauvage à l’encontre des communicateurs sociaux
Bruxelles, 21 janvier 2011 - Le droit au travail fait actuellement l’objet d’une attaque brutale au Chili, pays austral de l’Amérique du Sud, dans le strict respect des politiques d’Etat du régime présidé par le multimillionnaire Sebastián Piñera Echenique à l’encontre des travailleurs du journalisme, de la production graphique et de l’administration. Depuis le mois de janvier de cette année, quelque 500 professionnels, techniciens et assistants de la presse et de la télévision ont été licenciés.
Selon les dernières informations recueillies par la Federación de Trabajadores de la Comunicación Social (Fédération des travailleurs de la communication sociale - FELATRACS), 101 travailleurs du Canal 13 de la télévision ont été licenciés et l’on craint que 199 autres travailleurs ne subissent le même sort. Parmi les victimes figurent les journalistes renommés Pablo Honorato et l’ancien conseiller régional du Colegio de Periodistas du Chili, Alipio Vera, ainsi que des journalistes de Canal 13 en ligne et un cameraman du département de presse.
La situation s’avère également très dramatique au sein du journal étatique La Nación où le préavis de licenciement touche actuellement 193 travailleurs, notamment des journalistes, des créateurs-dessinateurs, des photographes et des administrateurs, sous prétexte de la mise en œuvre du processus de « modernisation », transférant le service journalistique imprimé de l’ancien journal au système informatique en ligne.
Marcelo Castillo, président du Colegio de Periodistas du Chili, a signalé que le panorama est décourageant pour les journalistes en particulier et pour les travailleurs de la communication en général. Il a, par ailleurs, précisé qu’outre le Canal 13, propriété actuellement du groupe d’entreprises Luksic, et le journal La Nación, qui appartient majoritairement à l’Etat chilien, il en va de même pour d’autres médias, notamment le journal Diario Uno, portant le nombre total à 500 cas de travailleurs à qui a été dénié le droit au travail.
Víctor Pérez, dirigeant de la Federación Nacional de Trabajadores de los Medios de Comunicación Social de Chile (Fédération nationale des travailleurs des médias sociaux du Chili – Fenatramco), et Nancy Arancibia, tous deux dirigeants syndicaux au journal La Nación, ont critiqué la manière inappropriée dont l’entreprise entreprend le processus de transformation et la faible considération des travailleurs, qui ont été informés de leur licenciement au dernier moment.
Dans le même temps, d’une part, les travailleurs de La Nación ont fait appel aux instances judiciaires pour empêcher la fermeture définitive du journal et, d’autre part, le Colegio de Periodistas du Chili a informé les députés et les sénateurs du Congrès national que la fermeture de ce journal constitue une flagrante violation de la liberté d’expression et un renforcement du monopole de l’information dont bénéficient les grandes entreprises de la communication, raison pour laquelle ils exigent l’intervention du Parlement à travers une commission d’enquête.
Par ailleurs, Sebastián Piñera, membre illustre du parti Rénovation nationale qui possède une fortune évaluée à 2,2 milliards de dollars américains par le magazine Forbes, constituant dès lors l’une des plus grandes de son pays, fait peu de cas des manifestations publiques, notamment celles organisées par les travailleurs de La Nación, et plus récemment, deux autres manifestations des travailleurs du Canal 13, ainsi que des demandes des syndicats des journalistes et des communicateurs sociaux d’Amérique latine et d’Europe. Dans le même temps, la FELATRACS s’est engagée à soutenir une campagne internationale auprès des organisations syndicales et des organisations qui défendent les droits humains, exhortant tous ceux adhérant aux valeurs et aux principes fondamentaux de la démocratie à se joindre à cette journée de solidarité avec les travailleurs chiliens de la communication sociale.
Pérou, le 21 janvier 2011






