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Défendre les Caisses d'Épargne et les banques Mutualistes

Bruxelles, 12 mai 2011 - Face à la situation à laquelle sont confrontés le Portugal et l’Espagne et conformément à la résolution approuvée à Chypre en 2010, la WOW lance un appel à la défense des entités financières à caractère social dans ces deux pays et en Europe en général.

Le Portugal a sollicité, hier, des fonds dans le cadre d’un sauvetage financier (quelque 90 milliards d’euros) après que les taux d’intérêt paralysent le système économique à travers les agences de notation ayant classé les entités financières du Portugal comme « obligations pourries ». Face à cette situation, les banques mutualistes sont contraintes de fusionner afin de créer de grandes entités bancaires éliminant la participation de la société. Les intentions annoncées par l’opposition pour privatiser la banque de l’État, qui a déjà sauvé des banques privées moyennant 5 milliards d’euros de fonds publics, sont également préoccupantes.

En Espagne, en vertu de la loi 2/2011 du 18 février, qui exige aux caisses une plus grande dotation en fonds propres supérieurs à ceux exigés aux banques espagnoles et européennes, les caisses d’épargne font actuellement l’objet d’une restructuration. Elles sont ainsi contraintes de devenir des banques, alors qu’elles constituent des entités qui ont joué, durant plus de 150 ans, un rôle considérable de développement économique dans les régions et ont réalisé un grand travail social, en favorisant la non-exclusion financière des citoyens les plus modestes.

Cette « expropriation sociale », qui privera la société des investissements sociaux s’élevant à plus de 7 milliards d’euros au cours des six dernières années et qui, à l’avenir, finiront dans les poches privées des actionnaires, n’est que le reflet du système selon lequel la personne est au service de l’économie alors que c’est l’économie qui devrait être au service des personnes.

Tirant son origine dans les changements législatifs effectués par le gouvernement et le Parlement espagnol – des changements débouchant sur la privatisation, en éliminant les représentants de la société de leurs instances de direction; sur la bancarisation, en aspirant à la rentabilité économique au détriment du social; sur leur transformation en « sociétés anonymes » - et compte tenu de l’incidence qu’auront ces changements sur la société, non seulement en raison de la perte d’emplois (plus de 14.000 déjà), mais également des changements dans son importante fonction sociale.

La WOW condamne totalement le lien qu’établissent les pouvoirs économiques avec le prochain sauvetage de l’Espagne. L’économie espagnole est solvable mais le sauvetage du Portugal, qui fera l’objet de restrictions, portera clairement atteinte à l’économie espagnole qui a beaucoup investi ces dernières années, fournissant une raison irréelle aux agences privées de notation de lancer une nouvelle attaque contre l’Espagne.

La WOW manifeste, en outre, sa volonté que le système financier à la fois du Portugal et de l’Espagne préserve les entités liées à la société, qu’en Espagne les caisses d’épargne soient maintenues avec leur personnalité juridique historique, que l’œuvre sociale qui a tant profité à la société se poursuive, que des responsabilités soient exigées à ceux qui ont entraîné les caisses d’épargne dans leur situation actuelle (la Banque d’Espagne et les dirigeants des caisses) et que les milliers d’emplois que les employeurs veulent continuer de supprimer soient préservés. La crise mondiale ne peut servir d’excuse pour uniquement restreindre les droits sociaux et supprimer des emplois. Les « bonus » millionnaires qui sont répartis entre les dirigeants des grandes entreprises et les entités financières doivent également être éliminés.

Par ailleurs, la WOW exprime son plein soutien aux actions judiciaires, politiques et d’information menées par les syndicats FEC et ASIPA d’Espagne et STEC du Portugal.